08 janvier 2018

"Mon rêve, à quel prix?"

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On pourrait croire que la dénonciation est devenue plus facile aujourd’hui, mais la peur et le silence n’en sont pas moins répandus. Surtout lorsqu’il y a une certaine ambiguïté et que la victime dépend de son agresseur ou espère quelque chose de lui, comme c’est le cas de Maud, le personnage principal de « Mon rêve, à quel prix? » : « Je conserve ma place dans l’équipe de basketball seulement parce que je laisse l’entraîneur me faire tout ce qu’il désire. »

Ce roman est tout à fait pertinent dans le contexte actuel, mais il s’agit, vous vous en douterez, d’une lecture plus éprouvante (émotionnellement) que relaxante. Il m’a fallu une bonne semaine pour passer à travers de ses 212 pages. Aucun des détails des agressions ne nous sont épargnés. L’avertissement, (14 ans et plus – scènes de violence et de sexualité) au bas de la 4e de couverture, est tout à fait justifié. J’avoue que je ne supportais pas de me mettre dans la peau de la victime, mais que le rôle du témoin impuissant ne me plaisait pas davantage. Andréanne Dubois nous livre ici une histoire si convaincante qu’elle ne peut pas laisser indifférent. (J’ai eu envie, à quelques reprises, d’arracher la tête de l’entraîneur, mais aussi de brasser la victime pour la réveiller avant qu’il ne soit trop tard.) Elle amène également le lecteur à se remettre en question. Au début, mon réflexe a été de me distancier du personnage principal en me disant #pasmoi. Puis, j’ai commencé à passer en revue toutes les fois où j'ai été confrontée à des paroles et à des gestes agressants ou déplacés dans ma vie (et Dieu sait que je l'ai eue facile). Même s'il s'agissait d'incidents mineurs, ils ont été assez nombreux pour que je doive admettre que ça peut arriver à n'importe qui; ça ne va pas au mérite.

Si vous ouvrez les pages de « Mon rêve, à quel prix? », je vous recommande de le lire jusqu’à la fin (quitte à sauter quelques passages s’ils sont trop difficiles), car l’auteure ne se contente pas de partager le drame vécu par Maud (et par tant d’autres), elle propose également des façons de s’en sortir en continuant à vivre (« Docteure Letendre me rappelle régulièrement que le suicide n’est pas une option, qu’il y a toujours d’autres solutions. ») Je ne peux que souhaiter que ceux et celles qui en ont besoin auront la chance de lire le message d’espoir qui conclut cette histoire.


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